TOGO, autopsie d’un coup d’Etat quasi-permanent

 

coup-dEtat-Tandja,image du caricaturiste togolais donald donisen

coup-dEtat-Tandja,image du caricaturiste togolais donald donisen

Une dame m’a dit un jour : le Togo c’est la gâchette de l’Afrique. J’avoue que sur le coup je n’avais pas très bien saisi le sens de ce qu’elle voulait dire ; mais aujourd’hui avec le recul cela m’apparait un peu plus clair. Il va sans dire que les  cours de droit public  que j’ai suivi récemment m’ont fait comprendre ce que la dame en question aurait voulu me montré :en effet notre tout petit pays a eu , ma foi, un certain nombre de fois l’insigne honneur d’être le précurseur ou le déclencheur de certains faits ou phénomènes jusque-là non appréhendés par le droit public international. En l’occurrence je voudrais aborder dans cet article un sujet particulièrement sensible, j’ai nommé………le coup d’État. Le phénomène est bien connu en Afrique me diriez-vous chers lecteurs, puisque la quasi-totalité des pays d’Afrique subsaharienne l’ont semble-t-il déjà vécu au moins une fois.

Mais ce que vous ne savez peut-être pas chers lecteurs c’est que c’est à mon petit pays le Togo qu’est revenu le triste privilège du premier coup d’État d’un pays indépendant d’Afrique. En effet le 13 Janvier 1963 fut assassiné Sylvanus OLYMPIO, premier président du Togo indépendant.

Sylvanus Olympio

Sylvanus Olympio

Ce premier coup d’État sera suivi de beaucoup d’autres.

Le deuxième coup d’État de l’histoire du Togo se serait déroulé d’après nos recherches un 21 novembre 1966.Ce second coup d’État avait dit-on pris la forme d’une révolte  populaire des loméens qui souhaitaient le départ du nouveau président de l’époque, un certain Nicolas Grunitzky. Ce coup d’État ne sera pas un succès puisque ce n’est finalement le jour du quatrième anniversaire du premier coup d’État c’est-à-dire le janvier que des militaires contraignirent Nicolas Grunitzky à l’exil en Côte d’Ivoire Nicolas Grunitzky;image rfi.fr. Ce sera le troisième coup d’Etat.

Quatre mois plus tard le sergent-chef GNASSINGBE Eyadema pris le pouvoir dans des circonstances dont les détails m’échappent. Ce quatrième coup d’État qui fut fait en douceur sera le point de départ de la présidence d’Eyadema qui restera au pouvoir pendant 38 ans.

Coups d’Etats pendant la période Eyadema

eyadema;il dirigera le togo pendant 38ans

eyadema;il dirigera le togo pendant 38ans

On en recense presque une dizaine que je tenterai de rapporter ici de manière chronologique :

Un certain Noé KUTUKLUI aurait projeté de faire soulever les populations, mais les participants furent infiltrés, sabotés puis arrêtés (je ne suis pas arriver à trouver la date précise) .

La  deuxième tentative de coup d’État eut lieu le 24 Janvier 1974. Alors qu’il se rendait à Pya, son village natal, le DC-3 transportant le président Eyadéma, quelques proches collaborateurs et sa garde rapprochée, s’écrase au moment d’aborder l’atterrissage. L’avion conduit par deux pilotes français perd l’équilibre. Le Président Eyadéma et plusieurs autres passagers survivent au crash, tandis que d’autres meurent sur le coup.  Eyadéma s’en serait sorti avec quelques égratignures. La suite tout le monde la connait : on le fait passer pour le seul survivant de l’accident, d’où le mythe de son invincibilité qui va l’entourer jusqu’à sa mort.

23 Septembre 1986 : agression terroriste sans doute l’une des plus dangereuses pour le régime ; le 23 septembre 1986,  un commando  armé attaque la résidence présidentielle à Lomé. Le commando venu du Ghana avait pour objectif l’élimination physique du président. Cette agression entraînera l’intervention de l’armée française en vertu des accords de défense liant le Togo à la France. Cette journée est célébrée au Togo comme la date anniversaire de « l’agression terroriste ».

Nuit du 24 au 25 Mars 1993 attaque du camp RIT de Lomé, soldé par la mort du général Améyi

Nuit du 5 au 6 Janvier 1994, des terroristes puissamment armés ayant pour objectif de capturer ou de tuer le général-président sèment à nouveau la mort et la désolation dans la capitale togolaise.

16 Août 1998 : quelques mercenaires, encore une fois venue du Ghana voisin pénétrèrent dans la capitale et agressèrent  les habitants.

Comme vous aurez pu le constater chers lecteurs, le Général Eyadema, qui fut pendant toute mon enfance mon idole (je lui vouais en effet une profonde admiration du fait de la puissance surnaturelle dont le gratifiait le folklore populaire)  échappera donc à toutes les tentatives ou pseudo-tentatives de coup d’État contre sa personne ou sa présidence. Ce n’est que la maladie qui le fauchera un soir de  Février 2005.

La longévité au pouvoir pose très souvent le problème de succession. Le problème s’étant posé les militaires togolais ne se laissèrent compter les évènements, un énième coup d’État et le tour fut joué….

Togo 5 février 2005 : Coup d’État militaire, Faure Gnassingbé prend le pouvoir

Les Forces armées togolaises ont décidé, suite au décès du président togolais Gnassingbé Eyadéma, de « confier » le pouvoir à Faure Eyadéma, un des fils du chef de l’Etat défunt, a annoncé samedi soir à Lomé l’armée dans un communiqué, lu à la télévision par le chef d’état-major.

« Les FAT (Forces armées togolaises) se trouvent devant l’évidence que la vacance du pouvoir est totale », indique ce communiqué, lu à la télévision nationale par le chef d’état-major des armées, le général Zakari Nandja.

« Le rôle des FAT est de préserver la paix et l’unité nationale dans l’esprit de celui qui nous a tous formé, et que nous pleurons aujourd’hui », a ajouté le communiqué.

Le nouveau chef d’État sera bien sûr proclamé plus tard vainqueur des élections, en avril 2005 puis en 2010. Mais l’histoire des coups d’États au Togo ne s’arrêtent pas là…

 

Coup d’Etats sous Faure GNASSINGBE

 

Faure Gnassingbe

Faure Gnassingbe

« Fusillade de Pâques » est le nom donné a posteriori à l’assaut du domicile de Kpatcha Gnassingbe, député et demi-frère du président Faure par des militaires des forces spéciales togolaises sous les ordres du colonel Abalo Felix Kadhanga, dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 avril 2009 , à Kegue, qui a donné lieu à de violents échanges de tirs entre les forces de l’ordre et la garde rapprochée du député et a fait une dizaine de victimes .

Le nom « Fusillade de Pâques » a été donné par le site officiel du gouvernement togolais, car l’événement a eu lieu pendant la fête religieuse catholique de pâques. L’expression a ensuite été reprise par l’ensemble des observateurs de la scène politique (source wikipédia)

Vers 22 heures, le son des fusils d’assaut et des armes lourdes a réveillé les habitants de la banlieue de Kegue à Lomé. Selon le procureur de la République, la tentative d’interpellation a tourné au vinaigre quand les gardes du député ont déclenché les hostilités que le vrai but de l’opération était son élimination physique). Le commando d’une cinquantaine d’hommes dirigé par Kadangha n’a pas pu venir à bout des hommes de Kpatcha après 2 heures d’échanges de tirs.

L’opération prend fin avec l’intervention très controversée et non admise par la thèse officielle, de Rock Gnassingbe(un autre frère du président), Commandant du sous-groupement blindé. Celui-ci aurait extirpé Kpatcha en tenant la FIR (Force d’Intervention Rapide de Kadhanga) en respect. Kadangha préférant ne pas affronter les éléments de Rock, plus lourdement armés, se replia sans avoir eu la peau de Kpatcha. Il y a eu des pertes en vie humaines (2 selon la version officielle).

La  saga ne s’arrête pas là : plus récemment le commandant Olivier Amah a été arrêté le 27 mai 2013,puis envoyé dans un premier temps à la prison de Mango avant d’être ramené à Atakpamé, pour avoir, selon les autorités, incité l’armée à la révolte, dans une intervention sur une radio de lomé, Légende fm.

L’histoire n’a pas fini de s’écrire chers lecteurs .Comme dirait l’autre : qui vivra verra !!!

 

 

 

 

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