Ma première journée sans portable

Article : Ma première journée sans portable
4 août 2016

Ma première journée sans portable

Une journée sans portable, je ne l’aurais jamais imaginé. 12 heures de temps, de 6 heures du matin à 1_ heures, toute une journée, sans décrocher, sans me connecter, et plus particulièrement sans pouvoir lui parler : même dans mes pires cauchemars je n’aurais pas pu envisager une journée pareille. Pourtant c’est bien ce qui m’arriva ce matin, en cette première semaine du mois d’août.

Mon profil d’addiction au smartphone ? Plutôt peu prononcé, enfin, pas plus que tout jeune de mon âge en tout cas. C’est vrai que je ne le quittais que très peu, même étant au boulot, et ce pour deux principales raisons ;d’abord parce que j’étais un blogueur/lecteur de blogs passionnés, passant son temps à lire et donc à sauter de liens en liens ;deuxième raison c’était parce que j’étais en plein dans une relation à distance, la distance ici étant réduite grâce aux nouvelles technologies, je pouvais converser avec ma dulcinée à longueur de journée.

Cette journée sans smartphone je ne  l’avais pourtant pas préméditée. Ce matin-là j’avais simplement oublié ce fichu téléphone sur la cuvette des toilettes (je ne serais pas le premier ou la première personne  à lire ses messages whatsapp au WC);et ce n’était une fois arrivé  au boulot que je m’en étais rappelé ;je n’avais plus la possibilité de retourner le chercher..

 Je piquais alors une crise d’angoisse.

-et si ma patronne me demandait de lui faire une course, et qu’elle voulait plus tard m’appeler pour me préciser d’autres détails..

-et si un inconnu entrait par hasard dans mes toilettes, trouvait mon portable et le piquais ?

-et si Elle avait besoin de me parler urgemment ?

-et si j’avais des notifications importantes ?

– et si, et si…….et si…..

Sur le coup je me dis que je n’y survivrais certainement pas, à cette journée…

Que faire ?

Je décidai de me plonger littéralement dans le boulot. Et là ironie du sort je n’obtins que le contraire de l’effet escompté, en deux heures de temps je finissais un travail de 4 dès lors je me retrouvais désœuvré.

Il était à peine 10h, que ferais-je jusqu’à ce qu’il sonnât midi ; je n’avais rien à lire, rien à facebooker, rien à whatsapper. J’en profitai pour observer c que faisaient mes autres collègues : la plupart d’entre eux travaillaient, discutaient, ou même lisaient des journaux ; en tout cas tout le monde n’était pas littéralement scotché à son smartphone, comme moi je l’étais si souvent.

J’avais pourtant survécu jusqu’à midi.je suis sorti déjeuner puis étais revenu faire la sieste jusqu’à 14h ; mais je ne pu dormir réellement, tellement étais-je stressé à l’idée de me réveiller au-delà de l’heure réglementaire, vu que je n’avais plus d’alarme pour me réveiller.

La dépendance au portable est avant tout une dépendance à l’autre ; il révèle à quel point on a du mal à être seul, il révèle nos fragilités narcissiques et nos pathologies existantes.

L’autre partie de ma journée se déroula aussi sans trop de stress ; j’avais fini par m’y faire semble –t-il…cependant il me fallait encore trouver une excuse valable pour Elle, car elle ne croirait pas une seconde à cette histoire d’oubli, ma diablesse d’amie.

18h.Enfin ma journée était finie.

En rentrant chez moi je me précipitais sur mon téléphone : que s’était-il passé aujourd’hui???

Pourtant au moment de me connecter, une dernier doute  me traversa soudain l’esprit : et si je n’avais reçu aucune notification, et si elle n’avait même pas cherché à me joindre, et si, et si…….

A l’issue de cette journée j’avais quand même appris deux mots, deux nouveaux mots que je voudrais partager avec vous :

FOMO :Fear Or Missing Out,la peur de manquer quelque chose d’important sur les réseaux sociaux.

Nomophobie : la peur d’être séparé de son téléphone..

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